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	<title>Psy à Herblay-sur-Seine | Psychothérapie Gestalt</title>
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	<title>Psy à Herblay-sur-Seine | Psychothérapie Gestalt</title>
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		<title>Perte de sens, quand la vitalité s&#8217;amenuise</title>
		<link>https://www.psy-gestalt-95.fr/perte-de-sens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Voulga]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Sep 2026 07:06:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Perte de sens, quand la vitalité s&#8217;amenuise Par David Voulga / 25 septembre 2026 Il y a des jours où [&#8230;]</p>
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<h1 class="wp-block-heading">Perte de sens, quand la vitalité s&rsquo;amenuise</h1>



<p class="has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-2 wp-block-paragraph" style="color:#8d9aa5"><em>Par David Voulga / 25 septembre 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image alignright size-full is-resized has-custom-border ombre-gauche-bas is-style-default" style="margin-right:var(--wp--preset--spacing--70);margin-left:var(--wp--preset--spacing--70)"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1350" height="914" src="https://www.psy-gestalt-95.fr/wp-content/uploads/2026/09/perte-de-sens.webp" alt="Jeune femme assise près d'une fenêtre, tête posée sur sa main, perdue dans ses pensées, illustration de la perte de sens" class="wp-image-3620" style="border-top-left-radius:5px;border-top-right-radius:5px;border-bottom-left-radius:5px;border-bottom-right-radius:5px;aspect-ratio:1.4770418796481144;width:474px;height:auto"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--60)">Il y a des jours où l&rsquo;on continue d&rsquo;avancer sans très bien savoir pourquoi. On tient les rôles qu&rsquo;on s&rsquo;est donnés, celui de parent, de collègue, de conjoint, même quand ils ne nous ressemblent plus tout à fait. Ce qui s&rsquo;amenuise alors, ce n&rsquo;est pas le rôle en lui-même, c&rsquo;est l&rsquo;élan qui le portait, la vitalité qui le rendait vivant. Ce vécu a un nom que beaucoup finissent par chercher, un jour, sans toujours oser le formuler : la perte de sens. Ce n&rsquo;est ni un aveu de faiblesse ni un mal à diagnostiquer d&#8217;emblée. C&rsquo;est plutôt un seuil, celui où l&rsquo;on accepte enfin de regarder ce qui s&rsquo;est éteint depuis longtemps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un monde en perte de repères</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Une accélération qui épuise le lien au vivant</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sentiment personnel de perte de sens ne naît pas dans le vide, il fait écho à quelque chose de plus large. Le sociologue allemand Hartmut Rosa décrit nos sociétés contemporaines comme prises dans une accélération continue, du rythme de vie, du travail, de l&rsquo;information, qui use la capacité à se sentir vraiment en lien avec ce qu&rsquo;on fait et avec les autres. Il propose, en miroir, la notion de résonance, une relation vivante au monde, où l&rsquo;on se sent touché et capable de toucher en retour, plutôt qu&rsquo;une course où tout défile sans laisser de trace [1].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Byung-Chul Han pointe un autre mécanisme, une société qui a remplacé l&rsquo;interdit par l&rsquo;injonction à la performance, où chacun devient à la fois son propre patron et son propre bourreau, s&rsquo;épuisant lui-même à force de vouloir être à la hauteur, sans pouvoir en imputer l&rsquo;échec à personne d&rsquo;autre qu&rsquo;à soi, jusqu&rsquo;au burn-out. Le sociologue Zygmunt Bauman parlait, lui, de «&nbsp;modernité liquide&nbsp;», une époque où les repères professionnels, relationnels et normatifs ne cessent de se dérober, où rien ne tient assez longtemps pour qu&rsquo;on puisse s&rsquo;y reposer, ce qui oblige chacun à une réinvention permanente [2].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un symptôme qui remplit les rayons des librairies</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ces repères qui se dérobent ne relèvent pas que de la théorie sociologique. On les retrouve aussi, très concrètement, dans les rayons des librairies, comme en témoignent certains chiffres bien réels. <em>L&rsquo;art subtil de s&rsquo;en foutre</em> de Mark Manson s&rsquo;est écoulé à 35 000 exemplaires en une seule année chez son éditeur français, et <em>The Shadow Work Journal</em> a dépassé les 16 000 exemplaires en France depuis sa sortie début 2024. Le phénomène reste pourtant ambivalent, car la presse professionnelle du secteur observe aujourd&rsquo;hui un certain essoufflement du genre, comme si le développement personnel lui-même, à force de recettes répétées, en venait à son tour à chercher un sens à ce qu&rsquo;il propose. Le constat n&rsquo;en est que plus révélateur, puisque l&rsquo;appétit pour ces questions ne faiblit pas, mais la manière convenue d&rsquo;y répondre commence, elle, à montrer ses limites.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une conscience saine dans un monde qui va mal</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce tableau, une évidence s&rsquo;impose trop vite, celle de n&rsquo;y voir qu&rsquo;un problème individuel à corriger d&rsquo;urgence. Et si, au contraire, dans un monde qui va mal et accélère sans cesse, cette perte de sens qu&rsquo;on ressent résonnait avec cette société malade, plutôt que de la contredire ? C&rsquo;est ce que suggérait déjà le philosophe britannique Alan Watts. Dans <em>Bienheureuse insécurité</em>, il avance que l&rsquo;anxiété de l&rsquo;individu moderne n&rsquo;est pas le signe d&rsquo;une pensée défaillante, mais la réaction lucide à des réalités authentiquement déstabilisantes, celles d&rsquo;une civilisation prise dans un cercle vicieux de fuite en avant, plutôt que le contraire. Ressentir cette perte de sens ne serait alors pas un mal à combattre en urgence, mais un comportement sain, le début d&rsquo;une prise de conscience à partir de laquelle on peut commencer à se réorienter dans sa vie [3].</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le contact et la mise en mouvement au service du sens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lucidité ne suffit pourtant pas, à elle seule, à redonner de l&rsquo;élan. Reste la question de savoir comment retrouver ce lien avec soi et avec le vivant que l&rsquo;accélération et la fatigue avaient distendu. C&rsquo;est précisément ce que proposent certaines voies thérapeutiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le contact comme fondement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La Gestalt-thérapie propose une réponse qui n&rsquo;est ni un diagnostic ni une recette, mais un cadre d&rsquo;expérimentation. Un des postulats tient dans une notion précise, la «&nbsp;frontière-contact&nbsp;», ce lieu vivant où l&rsquo;organisme rencontre son environnement : soi-même, l&rsquo;autre, ce qui nous entoure. Ce vécu se construit moins dans une explication abstraite de ce qui ne va pas que précisément là, à cette frontière, dans la rencontre vivante, et c&rsquo;est là aussi que quelque chose peut se rejouer autrement. En séance, les sensations corporelles et les émotions peuvent reprendre corps dans la relation avec le thérapeute. Le sens cesse alors d&rsquo;être une idée pour devenir une expérience vivante, à la fois intérieure et au contact d&rsquo;un ailleurs. Serge Ginger résumait cela comme «&nbsp;l&rsquo;art du contact&nbsp;», tandis que Jean-Marie Robine insiste sur le fait que ce contact se joue toujours dans une situation précise, avec ce qu&rsquo;elle a d&rsquo;unique, plutôt que dans une théorie générale de la personne [4].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sentir avant de comprendre</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, cela signifie que le travail thérapeutique ne cherche pas d&rsquo;abord à expliquer pourquoi on se sent perdu, mais à retrouver, dans la relation avec le thérapeute, un peu de ce lien et de cette chaleur humaine qui semblent avoir manqué. Erving et Miriam Polster parlaient de l&rsquo;attention portée au moment présent, comme étant en elle-même un facteur de changement, avant même toute interprétation. Se reconnecter au vivant, ce n&rsquo;est donc pas une formule, c&rsquo;est littéralement ce qui se travaille en séance, sentir à nouveau, avant de comprendre [5].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Rejouer et incarner</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Jacob Levy Moreno et Alejandro Jodorowsky partagent une conviction rarement formulée aussi frontalement, parler de ce qui ne va plus ne suffit pas toujours à le transformer. Pour Moreno, c&rsquo;est l&rsquo;action rejouée, plutôt que racontée, qui permet de défiger des rôles devenus rigides et de renouer avec la spontanéité. Jodorowsky, dans ce qu&rsquo;il appelle le théâtre de la guérison, part d&rsquo;un constat voisin, quand comprendre ne suffit plus à débloquer ce qui semble verrouillé en soi, un acte symbolique parle à l&rsquo;inconscient dans un langage que l&rsquo;intellect seul n&rsquo;atteint pas. Dans les deux cas, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;explication qu&rsquo;il s&rsquo;agit, mais du geste, rejoué sur une scène ou incarné dans le corps, pour redonner à ce qui s&rsquo;était figé un mouvement souple [6].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant même la Gestalt-thérapie, Wilhelm Reich avait déjà relié ce blocage à quelque chose de très concret dans le corps. Les tensions psychiques finissent par se loger dans les muscles eux-mêmes, formant ce qu&rsquo;il appelait une cuirasse caractérielle, une rigidité qui protège autant qu&rsquo;elle enferme, et qui coupe du contact avec soi et avec les autres. Défaire cette cuirasse, ce n&rsquo;est pas non plus une affaire d&rsquo;explication, c&rsquo;est redonner au corps la possibilité de bouger, de respirer, de sentir à nouveau ce qui circulait avant de se figer [7].</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et si les traditions anciennes ouvraient une nouvelle voie ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un pas de plus que la Gestalt-thérapie seule ne prétend pas toujours faire, mais que d&rsquo;autres traditions explorent depuis bien plus longtemps qu&rsquo;elle. Le psychiatre chilien Claudio Naranjo, formé à la Gestalt auprès de Fritz Perls, a consacré une grande partie de sa vie à la relier à des voies de développement intérieur plus anciennes. Il situe une part de cette influence du côté d&rsquo;un maître soufi rattaché à ce que G. I. Gurdjieff appelait la « Quatrième Voie », une filiation à laquelle il rattache aussi l&rsquo;origine de l&rsquo;ennéagramme, qui trouverait ainsi sa source dans cette voie soufie ancienne. Gurdjieff lui-même, dont l&rsquo;enseignement nous est surtout connu par les notes de son élève P. D. Ouspensky, parlait d&rsquo;un état de « sommeil » ordinaire et d&rsquo;un travail de « rappel de soi » pour s&rsquo;en dégager [8].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les voies non duelles, un accès aux tréfonds de la conscience</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La transmission de chacune de ces voies est singulière, et les chemins qu&rsquo;elles empruntent peuvent aussi diverger, mais elles visent toutes un même accomplissement, souvent qualifié d&rsquo;éveil. La présence à soi n&rsquo;est plus ici un moyen au service d&rsquo;une fin ; elle amène le pratiquant à réenvisager son rapport au monde, l&rsquo;individu s&rsquo;imprégnant d&rsquo;une conscience indivise, toujours plus subtile. Le sens, dans cette perspective, cesse d&rsquo;être un objet à construire ou à trouver au-dehors. Il devient ce qui se révèle dès que se lève le voile qui le recouvre. Ce que Wilhelm Reich appelait une cuirasse à défaire, ces voies bien plus anciennes le nomment autrement, mais visent le même dénouement, dévoiler ce qui a toujours été là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Śivaïsme du Cachemire insiste sur le mouvement même de la conscience, tout y est conscience et vibration (spanda), jamais figées, même dans l&rsquo;immobilité apparente. Étudiée par Lilian Silburn et transmise oralement par Swami Lakshmanjoo, cette tradition ne propose pas d&rsquo;ajouter quelque chose à l&rsquo;expérience, mais d&rsquo;en reconnaître dans le corps le battement déjà présent. Ici, le sens n&rsquo;est pas quelque chose qu&rsquo;il faudrait produire, mais une vibration qu&rsquo;il suffit de ne plus couvrir. Cette même région a vu naître, au XIVe siècle, la poétesse mystique Lalla, dont les vers sont encore récités aussi bien par des soufis que par des śivaïtes. L&rsquo;un de ses poèmes le dit à sa manière : « Seigneur, je n&rsquo;ai jamais su qui j&rsquo;étais vraiment, ni qui tu étais. J&rsquo;ai perdu mon amour dans cette pauvre carcasse sans jamais comprendre, tu es moi, je suis toi. » [9]</p>



<h3 class="wp-block-heading">Détendre l&rsquo;ego, retrouver de l&rsquo;espace en soi</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Chögyam Trungpa mettait en garde contre ce qu&rsquo;il appelait le matérialisme spirituel, la tentation de se servir des pratiques spirituelles pour nourrir l&rsquo;ego plutôt que pour le détendre [10]. Le même risque guette celui qui cherche un sens à son existence, sa quête peut devenir à son tour un puits sans fond, une perte de temps au service d&rsquo;un sens donné à une métaphysique insondable, une tension de plus qui ferme la porte à l&rsquo;expérience de non-dualité. Du relâchement naît la présence, de la présence la conscience, et de la conscience une joie organique, accessible en toute autonomie, sans thérapeute, ni chaman, ni guide. Se relâcher, toujours un peu plus, voilà peut-être tout ce qu&rsquo;il y a à faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chan chinois, l&rsquo;ancêtre du zen japonais, pousse cette épure plus loin encore, Zhaozhou lui-même enseigna, paraît-il, jusqu&rsquo;à cent vingt ans sans jamais perdre sa vivacité. C&rsquo;est peut-être ce qui frappe le plus chez ceux qui l&rsquo;incarnent, une joie et une spontanéité presque enfantines, une fraîcheur qui ne semble pas tenir à l&rsquo;âge, et c&rsquo;est peut-être cela, au fond, que vise toute quête de sens, renouer avec cette vitalité qui ne demande qu&rsquo;à s&rsquo;exprimer.</p>



<div class="wp-block-uagb-call-to-action uagb-block-942798ca"><div class="uagb-cta__wrap"></div><div class="uagb-cta__buttons"><a href="/perte-de-sens-et-perte-de-reperes/" class="uagb-cta__button-link-wrapper" target="_self" rel="noopener noreferrer"><svg xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 512 512"><path d="M504.3 273.6l-112.1 104c-6.992 6.484-17.18 8.218-25.94 4.406c-8.758-3.812-14.42-12.45-14.42-21.1L351.9 288H32C14.33 288 .0002 273.7 .0002 255.1S14.33 224 32 224h319.9l0-72c0-9.547 5.66-18.19 14.42-22c8.754-3.809 18.95-2.075 25.94 4.41l112.1 104C514.6 247.9 514.6 264.1 504.3 273.6z"></path></svg>Mon accompagnement pour retrouver de la vitalité</a></div></div>



<h2 class="wp-block-heading" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--70)">Notes et sources</h2>



<p class="wp-block-paragraph">[1] Hartmut Rosa, <em>Accélération : une critique sociale du temps</em> et <em>Résonance : une sociologie de la relation au monde</em>, La Découverte ; voir aussi <a href="https://www.revue-projet.com/articles/2016-11-rosa-la-logique-de-croissance-et-d-acceleration-s-empare-de-notre-esprit-et-de-notre-corps/8179" target="_blank" rel="noopener">«&nbsp;La logique d&rsquo;accélération s&#8217;empare de notre esprit et de notre corps&nbsp;»</a>, <em>Revue Projet</em>, 2016, et <a href="https://laviedesidees.fr/Hartmut-Rosa-resonance-sociologie-relation-monde" target="_blank" rel="noopener">«&nbsp;L&rsquo;écho des savants&nbsp;»</a>, <em>La Vie des idées</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[2] Byung-Chul Han, <em>La société de la fatigue</em>, Circé / PUF, et Zygmunt Bauman, <em>La modernité liquide</em> ; voir aussi <a href="https://www.emancipe.be/la-societe-de-la-fatigue-byung-chul-han/" target="_blank" rel="noopener">«&nbsp;La société de la fatigue : quand la quête de performance nous épuise, nous auto-exploite et nous emprisonne&nbsp;»</a>, Émancipe, et <a href="https://philosciences.com/la-modernite-liquide-de-zygmunt-bauman" target="_blank" rel="noopener">«&nbsp;La modernité liquide de Zygmunt Bauman&nbsp;»</a>, Philosciences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[3] Alan Watts, <em>Bienheureuse insécurité : une réponse à l&rsquo;angoisse de notre temps</em>, Stock, 1951.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[4] Frederick Perls, Ralph Hefferline, Paul Goodman, <em>Gestalt-thérapie : Nouveauté, excitation et développement</em>, 1951 ; Serge Ginger, <em>La Gestalt, une thérapie du contact</em>, Hommes &amp; Groupes Éditeurs ; Jean-Marie Robine, « Du champ à la situation », <em>Cahiers de Gestalt-thérapie</em>, 2002.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[5] Erving Polster, Miriam Polster, <em>Gestalt Therapy Integrated: Contours of Theory and Practice</em>, 1973.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[6] Jacob Levy Moreno, <em>Psychothérapie de groupe et psychodrame</em>, PUF ; Alejandro Jodorowsky, <em>Le Théâtre de la guérison</em>, Albin Michel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[7] Wilhelm Reich, <em>L&rsquo;Analyse caractérielle</em>, Payot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[8] Claudio Naranjo, <em>Gestalt Therapy: The Attitude and Practice of an Atheoretical Experientialism</em>, Gateways Books &amp; Tapes, 1993 ; <em>Ennéagramme, caractère et névrose</em>, InterEditions ; P. D. Ouspensky, <em>Fragments d&rsquo;un enseignement inconnu</em>, 1949.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[9] Lilian Silburn, <em>Śivasūtra et Vimarśinī de Kṣemarāja : études sur le Śivaïsme du Cachemire, école Spanda</em> ; Swami Lakshmanjoo (retranscrit par John Hughes), <em>Self Realization in Kashmir Shaivism: The Oral Teachings of Swami Lakshmanjoo</em> ; Marinette Bruno (trad.), <em>Les Dits de Lalla : XIVe siècle au Cachemire, et la quête mystique</em>, Les Deux Océans ; Ranjit Hoskote (trad.), <em>I, Lalla: The Poems of Lal Ded</em>, Penguin Classics, 2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[10] Chögyam Trungpa, <em>Pratique de la voie tibétaine : au-delà du matérialisme spirituel</em>, Points.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La thérapie en visio, ce que la distance change vraiment</title>
		<link>https://www.psy-gestalt-95.fr/therapie-en-visio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Voulga]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 11:15:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La thérapie en visio s'est imposée depuis la crise sanitaire, mais qu'est-ce que la distance change vraiment à l'alliance thérapeutique, à la présence du corps et au travail de groupe ? Le point sur ce que dit réellement la recherche.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h1 class="wp-block-heading">La thérapie en visio, ce que la distance change vraiment</h1>



<p class="has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-3 wp-block-paragraph" style="color:#8d9aa5"><em>Par David Voulga / 27 août 2026</em></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full is-resized has-custom-border ombre-gauche-bas is-style-default"><img decoding="async" width="1920" height="712" src="https://www.psy-gestalt-95.fr/wp-content/uploads/2026/08/therapie-en-visio-travail-a-distance-1.webp" alt="Femme travaillant à distance sur son ordinateur portable, illustration du thème de la thérapie en visio." class="wp-image-3440" style="border-top-left-radius:5px;border-top-right-radius:5px;border-bottom-left-radius:5px;border-bottom-right-radius:5px;aspect-ratio:2.6966621478034662;width:973px;height:auto"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--60)">C&rsquo;est durant la crise du Covid-19 que la visioconsultation s&rsquo;est imposée dans le quotidien des cabinets de psychothérapie. Née dans l&rsquo;urgence sanitaire, elle ne l&rsquo;a plus quittée depuis. Elle n&rsquo;est plus une exception, mais une modalité à part entière, utilisée aussi bien pour des suivis individuels que pour des groupes thérapeutiques. Reste une question que cette banalisation ne doit pas éviter. Qu&rsquo;est-ce que la distance change réellement au travail thérapeutique, à la présence du corps, à ce qui se joue dans le regard, à la qualité du lien qui se construit entre un thérapeute et une personne, ou au sein d&rsquo;un groupe ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un basculement accéléré par la crise sanitaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La généralisation de la téléconsultation doit beaucoup à une contrainte plutôt qu&rsquo;à un choix, les confinements de 2020. Dans certaines régions, comme l&rsquo;Occitanie, plus de 420 000 consultations ont été réalisées à distance en avril de cette année-là, contre à peine 3 300 en janvier. Ce basculement s&rsquo;est opéré en quelques semaines, sans équivalent dans l&rsquo;histoire récente de la pratique médicale [1].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui frappe, cinq ans plus tard, c&rsquo;est que l&rsquo;usage ne s&rsquo;est pas éteint avec la fin des confinements. En 2021, 85,6 % des psychologues déclaraient pratiquer la thérapie en ligne, contre 37,9 % en 2017, et l&rsquo;écrasante majorité d&rsquo;entre eux combine aujourd&rsquo;hui séances en cabinet et séances à distance plutôt que de choisir l&rsquo;un ou l&rsquo;autre [2]. La visio n&rsquo;a donc pas été une parenthèse sanitaire. Elle est devenue un format thérapeutique à part entière, avec ses propres usages, ses avantages et ses questions non résolues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;écran change à la présence du thérapeute et au travail corporel, central dans certaines approches ? Et qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il change à l&rsquo;alliance thérapeutique, ce lien de confiance dont on sait, toutes approches confondues, qu&rsquo;il est l&rsquo;un des facteurs les plus déterminants de l&rsquo;efficacité d&rsquo;une thérapie ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Thérapie en visio, de quoi s&rsquo;agit-il ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La thérapie en visio désigne un échange en face à face à distance, thérapeute et patient connectés en direct, chacun depuis un ordinateur, dans des conditions techniques adaptées à un usage professionnel. Cela suppose une connexion suffisamment stable, une image et un son de qualité correcte, un environnement calme et confidentiel de part et d&rsquo;autre. Ce périmètre exclut les échanges par messagerie, les appels téléphoniques simples, ou les visioconsultations menées dans de mauvaises conditions techniques (connexion instable, smartphone tenu à la main, outils grand public non pensés pour un usage clinique), qui posent des problèmes différents et débordent le cadre de cet article.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce cadre minimal n&rsquo;est pas qu&rsquo;une question de confort. C&rsquo;est une condition du travail thérapeutique lui-même. Une image qui saccade, un son qui coupe, une caméra mal positionnée introduisent des artefacts qui viennent parasiter précisément ce qu&rsquo;on cherche à observer, une expression, un silence, un mouvement. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les conditions de réalisation d&rsquo;une téléconsultation, ainsi que les codes de déontologie des psychologues, posent des exigences minimales à cet égard. Elles portent notamment sur la confidentialité de l&rsquo;échange, la sécurisation de la plateforme utilisée et un cadre contractuel clair dès la première séance [3].</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que dit la recherche sur l&rsquo;efficacité de la visio</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux méta-analyses récentes, portant sur des dizaines d&rsquo;essais randomisés, permettent de sortir du slogan « c&rsquo;est aussi efficace » pour regarder d&rsquo;un peu plus près ce que disent réellement les chiffres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première, publiée en 2025 et portant sur 29 essais contrôlés randomisés couvrant le stress post-traumatique, la dépression et l&rsquo;anxiété, ne trouve aucune différence significative entre visio et présentiel pour le stress post-traumatique, mais observe un léger avantage du présentiel sur la dépression [4]. La seconde, publiée en 2022 et centrée spécifiquement sur la dépression, arrive à une conclusion différente. Elle ne relève aucune différence significative d&rsquo;efficacité ni d&rsquo;abandon de traitement entre les deux formats [5].</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette légère divergence, qui porte spécifiquement sur la dépression et non sur le stress post-traumatique où les deux méta-analyses convergent, mérite d&rsquo;être signalée sans être surinterprétée. Les résultats varient selon le trouble traité, le type de thérapie pratiquée et la méthode de la méta-analyse elle-même. Sur l&rsquo;ensemble, les deux méta-analyses convergent vers une efficacité globalement comparable entre visio et présentiel, avec cette seule nuance sur la dépression. Dire que « la visio est aussi efficace que le présentiel » reste néanmoins une simplification.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Et du côté de l&rsquo;alliance thérapeutique ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La question de l&rsquo;alliance thérapeutique selon la modalité a justement fait l&rsquo;objet d&rsquo;une étude récente, menée auprès de 1175 patients sur près de 2000 séances de psychothérapie individuelle, comparant présentiel, visio et téléphone [6]. Ses résultats sont plutôt rassurants pour la visio. Les patients ne rapportent aucune différence significative d&rsquo;alliance thérapeutique, de qualité de la relation ni d&rsquo;occurrence de ruptures relationnelles entre les séances en présentiel et en visio. C&rsquo;est le téléphone, et non la visio, qui se distingue par une alliance légèrement mais significativement plus faible sur ses trois composantes habituelles, l&rsquo;accord sur les objectifs, l&rsquo;accord sur les tâches et le lien affectif avec le thérapeute. Cette étude conforte l&rsquo;idée que l&rsquo;image, davantage que la simple distance, joue un rôle dans la qualité du lien thérapeutique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le corps, la présence et l&rsquo;alliance thérapeutique à l&rsquo;épreuve de l&rsquo;écran</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La présence incarnée à distance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un certain nombre d&rsquo;approches thérapeutiques, la Gestalt-thérapie au premier chef, accordent une place centrale à ce qui se passe dans l&rsquo;instant, entre deux personnes physiquement présentes l&rsquo;une à l&rsquo;autre. Cela recouvre la qualité du contact, les mouvements du corps, la manière dont le regard se pose ou se dérobe, ce que le champ partagé entre thérapeute et patient permet de faire émerger. La Gestalt-thérapeute Anne Carpentier, qui a tenu un carnet clinique pendant le premier confinement, propose une notion utile pour penser ce qui se joue à l&rsquo;écran, celle de présence incarnée à distance. Elle décrit un patient qui se dit flottant, désincarné, au téléphone, et lui propose un exercice d&rsquo;ancrage corporel qu&rsquo;elle réalise elle-même en même temps que lui, en le nommant à voix haute. « Je le fais en même temps que vous », dit-elle, avant de sentir elle aussi ses pieds sur le sol. Le patient répond. « Ça m&rsquo;aide de savoir que vous le faites en même temps. Ça m&rsquo;aide à sentir mon corps » [7]. La présence incarnée ne disparaît donc pas en visio, mais elle cesse d&rsquo;aller de soi. Elle doit être explicitée, voire mise en scène, alors qu&rsquo;elle se donnait spontanément en présentiel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L&rsquo;illusion numérique, un risque pour l&rsquo;alliance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Reste un risque spécifique à nommer, qui touche directement à l&rsquo;alliance thérapeutique. C&rsquo;est ce que la psychologue et psychanalyste François Tordo appelle l&rsquo;illusion numérique, cette impression trompeuse d&rsquo;un plein-contact, l&rsquo;idée que le thérapeute a tout compris du client, ou l&rsquo;inverse, alors que l&rsquo;écran masque une grande partie des micro-mouvements à partir desquels ce sentiment de compréhension mutuelle s&rsquo;ajuste habituellement [7]. Autrement dit, l&rsquo;alliance peut sembler solide en visio tout en reposant sur une compréhension plus approximative qu&rsquo;elle n&rsquo;en a l&rsquo;air, un point de vigilance clinique plus qu&rsquo;une fatalité, mais un point réel.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Ce que la distance ne fait pas que perdre</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question de la présence incarnée n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas propre à la Gestalt. Elle traverse toutes les approches qui font du corps et de la présence du thérapeute un levier de changement. C&rsquo;est le cas de la Psychothérapie Gestaltiste des Relations d&rsquo;Objet (PGRO), développée par Gilles Delisle au Centre d&rsquo;Intégration Gestaltiste de Montréal, qui pose la relation thérapeutique elle-même, et la présence incarnée du thérapeute, comme le principal levier de changement [8]. Une telle théorisation invite, presque naturellement, à se demander ce que la distance change à ce levier. La présence se réduit-elle à ce qu&rsquo;elle transporte à travers un écran, ou peut-elle s&rsquo;y déployer autrement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait trop simple de répondre que « quelque chose se perd forcément ». La visio introduit aussi des éléments qui ne sont pas que des pertes. Le patient reçoit le thérapeute, et se laisse recevoir par lui, depuis son propre espace, son « chez-soi », qui devient à sa manière partie prenante du travail. Le rapport au regard change également. Certaines personnes, plus en difficulté avec la proximité physique d&rsquo;un cabinet, trouvent dans l&rsquo;écran une distance qui facilite la parole plutôt qu&rsquo;elle ne l&rsquo;entrave, un point que la partie sur le travail de groupe illustrera concrètement plus loin. La question n&rsquo;est donc pas seulement « qu&rsquo;est-ce qui se perd », mais aussi « qu&rsquo;est-ce qui se déplace, et pour qui cela peut-il être un appui plutôt qu&rsquo;un obstacle ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ressort de ces exemples cliniques, c&rsquo;est que la visio semble demander un travail d&rsquo;adaptation explicite de la part du thérapeute. Elle ne s&rsquo;improvise pas comme un simple transport du cabinet vers l&rsquo;écran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le travail individuel en visio</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, une séance individuelle en visio conserve l&rsquo;essentiel de ce qui fait une séance de thérapie. Un temps dédié, une écoute continue, une attention portée à la parole, à la voix, aux expressions du visage, largement observables à l&rsquo;écran, contrairement à une idée reçue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui demande un ajustement, en revanche, ce sont les dimensions plus expérientielles du travail. Les exercices qui mobilisent le mouvement, l&rsquo;espace du cabinet, ou des objets (la « chaise vide » en Gestalt-thérapie en est l&rsquo;exemple le plus connu) en sont l&rsquo;illustration. L&rsquo;exemple de l&rsquo;ancrage corporel cité plus haut, le thérapeute qui sent ses propres pieds sur le sol en même temps que le patient et qui le dit, illustre bien ce type d&rsquo;adaptation. L&rsquo;exercice change de forme, mais la fonction qu&rsquo;il remplit reste intacte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le dévoilement de soi, un outil clinique à distance</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La distance ouvre aussi, parfois, des possibilités qui n&rsquo;existent pas de la même manière en cabinet. Carpentier décrit un usage clinique du dévoilement de soi, qu&rsquo;elle distingue en deux mouvements. Le partage spontané, d&rsquo;une part, quand le thérapeute partage une émotion qui lui vient dans l&rsquo;instant (elle raconte avoir dit à une patiente en pleurs, au téléphone, alors que celle-ci revit la douleur d&rsquo;un abus subi dans l&rsquo;enfance, « j&rsquo;ai aussi les larmes aux yeux », pour ne pas laisser l&rsquo;émotion sans écho faute d&rsquo;être vue). Le dévoilement contrôlé, d&rsquo;autre part, un partage plus ciblé d&rsquo;un élément de la vie du thérapeute, toujours au service du processus du patient [7]. Rien de tout cela n&rsquo;est propre à la visio, mais l&rsquo;absence d&rsquo;image, ou sa réduction à un cadre étroit, semble parfois désinhiber la parole plutôt que la freiner, un phénomène qu&rsquo;on retrouvera, de façon encore plus nette, dans le travail de groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail individuel en visio n&rsquo;est donc pas un travail au rabais. Certains outils changent de forme, et certains effets restent difficiles à anticiper, aussi bien pour le patient que pour le thérapeute qui découvrent ce format ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le travail de groupe en visio</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un groupe thérapeutique, l&rsquo;animateur régule un climat émotionnel collectif. Le groupe lui-même fonctionne souvent comme un miroir pour chaque participant, à travers les retours, positifs comme négatifs, échangés entre les membres. Un cadre bien connu, issu de la PGRO, décrit ce processus comme un cycle de reproduction (les schémas relationnels de chacun se rejouent dans le groupe), de reconnaissance (le groupe et l&rsquo;animateur permettent d&rsquo;en prendre conscience) et de réparation (une nouvelle expérience relationnelle vient corriger l&rsquo;ancienne) [9].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une cohésion qui se construit autrement</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Une thèse de doctorat récente, menée auprès de huit thérapeutes de groupe expérimentés, apporte ici un résultat central, qui résume bien la position la plus juste à tenir. « La cohésion de groupe en visio n&rsquo;est pas diminuée, elle est constituée autrement » [10]. Les animateurs interrogés décrivent une cohésion qui ne se donne plus spontanément par la coprésence physique, « ça ne se met pas en place tout seul », dit l&rsquo;un d&rsquo;eux, et qui exige d&rsquo;eux une attention et une intentionnalité plus soutenues. Cela passe par inviter verbalement les membres silencieux, nommer les changements d&rsquo;énergie du groupe, ralentir le rythme des échanges. Le cadre numérique lui-même (salle d&rsquo;attente, horaires fixes, lien de connexion stable) en vient à jouer, pour ces animateurs, le rôle contenant que joue implicitement la salle physique en présentiel. Un résultat plus inattendu de cette étude concerne les formats hybrides, où certains participants sont en salle et d&rsquo;autres en visio. Ils sont décrits comme plus difficiles à tenir que le tout-distanciel, l&rsquo;inégalité de condition entre participants compliquant la cohésion plus que la distance elle-même. Le prix de cette vigilance accrue, notent aussi les animateurs, se paie en fatigue. Plusieurs décrivent une charge de travail émotionnel et attentionnel plus lourde qu&rsquo;en présentiel, largement invisible pour le groupe lui-même [10].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un cas clinique, la caméra coupée comme ressource</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Un cas clinique illustre concrètement cette vigilance accrue, documenté par une animatrice de groupe qui a basculé son groupe mensuel en visio au printemps 2020. Face à une participante qui peine à formuler une honte profonde, elle lui propose de couper sa caméra, tout en continuant elle-même à voir les autres membres. Libérée du regard du groupe, la voix de la participante change de tonalité, s&rsquo;approfondit, et le dévoilement va nettement plus loin qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pu aller autrement [11]. L&rsquo;absence de regard croisé, souvent présentée comme la principale faiblesse de la visio, devient ici une ressource clinique utilisée délibérément. « Et si la protection de l&rsquo;écran facilitait sa parole ? », se demande l&rsquo;animatrice, formulant prudemment une hypothèse plutôt qu&rsquo;une règle générale. Elle nuance elle-même l&rsquo;observation. « La séquence à distance a été révélatrice de ce qui était déjà là. Puis le travail en présence a été transformateur. Généraliser cette observation serait trop rapide » [11].</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les limites à anticiper</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Certains ajustements restent malgré tout nécessaires. Le silence, qui a une fonction thérapeutique importante dans un groupe en présentiel, se vit différemment à l&rsquo;écran, où il peut être perçu comme un problème technique plutôt que comme un temps utile à l&rsquo;élaboration. La fatigue attentionnelle liée aux écrans peut limiter la durée d&rsquo;attention soutenue possible dans une séance de groupe. Et la confidentialité du domicile de chaque participant, moins contrôlable que celle d&rsquo;un cabinet, mérite d&rsquo;être posée clairement dès le démarrage du groupe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces limites ne disqualifient pas le format. Elles demandent simplement d&rsquo;être nommées et travaillées, plutôt qu&rsquo;ignorées au nom d&rsquo;un optimisme de façade, ou interprétées comme la preuve que le format ne fonctionne pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cadre déontologique qui structure la pratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, la pratique de la téléconsultation en santé mentale s&rsquo;inscrit dans un cadre déontologique précis. Secret professionnel, sécurisation des échanges, conditions matérielles minimales pour la réalisation de la séance sont autant d&rsquo;exigences rappelées par la Haute Autorité de Santé et par les codes de déontologie applicables aux psychologues et psychothérapeutes [3]. Ce cadre ne garantit pas, à lui seul, la qualité clinique d&rsquo;une séance, mais il en constitue le socle de sécurité, au même titre que le cadre d&rsquo;un cabinet en présentiel.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour qui la visio est-elle adaptée ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de ce parcours, une chose apparaît clairement. La visio n&rsquo;est ni une solution universelle, ni un pis-aller à éviter par principe. Elle convient particulièrement bien à certaines situations, contraintes géographiques, mobilité réduite, suivi d&rsquo;un travail déjà engagé en présentiel, préférence personnelle pour la distance qu&rsquo;elle introduit. Elle demande, dans d&rsquo;autres cas, une vigilance plus grande, notamment lorsque le travail corporel occupe une place centrale, ou lors des premières séances d&rsquo;un travail de groupe, où la construction de la confiance collective bénéficie souvent d&rsquo;un ancrage en présentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de vous demander si la visio vaut le présentiel, demandez-vous plutôt ce qui, dans votre situation, dans votre histoire, dans le travail que vous cherchez à faire, trouve dans ce format un appui ou, au contraire, une limite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En résumé</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La recherche converge vers un constat mesuré, plutôt que vers un verdict tranché. L&rsquo;efficacité de la visio rejoint celle du présentiel pour une grande partie des troubles. L&rsquo;alliance thérapeutique, de son côté, ne montre pas non plus de différence significative selon une étude récente, un résultat encourageant qu&rsquo;il reste à confirmer par d&rsquo;autres travaux, et qui n&rsquo;enlève rien à la vigilance que la visio exige du thérapeute, pour rester attentif à ce que l&rsquo;écran peut aussi masquer. Le travail corporel et le travail de groupe demandent, eux, une adaptation plus explicite, sans que cela remette en cause la pertinence du format.</p>



<p class="has-ast-global-color-3-color has-text-color has-link-color wp-elements-4 wp-block-paragraph" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--80);margin-bottom:0"><em>Si vous vous interrogez sur ce format pour votre propre accompagnement, en savoir plus sur ma pratique en visio :</em></p>



<div class="wp-block-uagb-call-to-action uagb-block-942798ca"><div class="uagb-cta__wrap"></div><div class="uagb-cta__buttons"><a href="/psy-en-visio/" class="uagb-cta__button-link-wrapper" target="_self" rel="noopener noreferrer"><svg xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 512 512"><path d="M504.3 273.6l-112.1 104c-6.992 6.484-17.18 8.218-25.94 4.406c-8.758-3.812-14.42-12.45-14.42-21.1L351.9 288H32C14.33 288 .0002 273.7 .0002 255.1S14.33 224 32 224h319.9l0-72c0-9.547 5.66-18.19 14.42-22c8.754-3.809 18.95-2.075 25.94 4.41l112.1 104C514.6 247.9 514.6 264.1 504.3 273.6z"></path></svg>Mon accompagnement en visio</a></div></div>



<h2 class="wp-block-heading" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--70)">Notes et sources</h2>



<p class="wp-block-paragraph">[1] Insee Analyses Occitanie n°136, <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/7639887">« Années Covid : baisse de l&rsquo;espérance de vie, dégradation de la santé mentale et téléconsultations en hausse »</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[2] <a href="https://www.psychologue.net/site/own/observatoire-psychologie-en-ligne2021.pdf">Observatoire de la psychologie en ligne 2021, Psychologue.net</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[3] HAS, <a href="https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-03/recommandations_-_lieux_et_conditions_denvironnement_pour_la_realisation_dune_teleconsultation_ou_dun_telesoin.pdf"><em>Recommandations sur les lieux et conditions d&rsquo;environnement pour la réalisation d&rsquo;une téléconsultation ou d&rsquo;un télésoin</em></a> (2024) ; <a href="https://www.psychologue-legislation.com/pdf/code_deontologie_psychologues_2021.pdf">Code de déontologie des psychologues</a> (2021).</p>



<p class="wp-block-paragraph">[4] Kelber, M. S., Smolenski, D. J., Boyd, C. et al. (2025). <a href="https://doi.org/10.1177/1357633X231224491"><em>Evidence-based telehealth interventions for posttraumatic stress disorder, depression, and anxiety: A systematic review and meta-analysis.</em></a> Journal of Telemedicine and Telecare.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[5] Giovanetti, A. K., Punt, S. E. W., Nelson, E.-L., Ilardi, S. S. (2022). <a href="https://journals.sagepub.com/doi/10.1089/tmj.2021.0294"><em>Teletherapy Versus In-Person Psychotherapy for Depression: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials.</em></a> Telemedicine and e-Health.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[6] Stefana, A., Fazia, T., Nova, A. (2026). <a href="https://doi.org/10.1111/bjc.70050"><em>The therapeutic relationship in in-person, video call, and telephone psychotherapy sessions.</em></a> British Journal of Clinical Psychology, 00, 1-23.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[7] Carpentier, A. (2021). <a href="https://shs.cairn.info/revue-gestalt-2021-1-page-11"><em>La sensorialité du contact à l&rsquo;épreuve de la distance. Fragments pensés par temps contraint.</em></a> Gestalt, 2021/1 (n°56), p. 11-28.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[8] Delisle, G. et Girard, L., <a href="https://www.cigestalt.com/docs/LeGenPGRO_000.pdf"><em>Le G en PGRO</em></a>, Centre d&rsquo;Intégration Gestaltiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[9] Mallette, C. (2014). <a href="https://www.cigestalt.com/wp-content/uploads/2014/10/Travail-de-groupe-en-PGRO-Christine-Mallette.pdf"><em>Travail de groupe en PGRO.</em></a> Centre d&rsquo;Intégration Gestaltiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">[10] Woodford, J. M. (2026). <em><a href="https://www.proquest.com/openview/415ea2088021a191e2b63626e6b55b38/1?pq-origsite=gscholar&amp;cbl=18750&amp;diss=y">The Lived Experiences of Facilitators Navigating Group Cohesion in Online Interpersonal Psychotherapy Groups.</a></em> Thèse de doctorat, Walden University. <em>(pas de lien, thèse non publiée en ligne)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">[11] Beauviala, M. (2021). <a href="https://shs.cairn.info/revue-gestalt-2021-1-page-69"><em>Se soustraire aux regards pour mieux se dire. Un cas de thérapie de groupe en visioconférence.</em></a> Gestalt, 2021/1 (n°56), p. 69-83.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Questions fréquentes</h2>



<div class="schema-faq wp-block-yoast-faq-block"><div class="schema-faq-section" id="faq-question-1787741345039"><strong class="schema-faq-question">La thérapie en visio est-elle aussi efficace qu&rsquo;en cabinet ?</strong> <p class="schema-faq-answer">Les deux méta-analyses les plus récentes montrent une légère divergence sur la dépression. L&rsquo;une trouve un léger avantage au présentiel, l&rsquo;autre aucune différence. Pour le stress post-traumatique, en revanche, les résultats convergent vers une absence de différence significative. Ce n&rsquo;est donc pas un verdict universel, mais un constat qui se précise avec les études, trouble par trouble.</p> </div> </div>



<div class="schema-faq wp-block-yoast-faq-block"><div class="schema-faq-section" id="faq-question-1787741552052"><strong class="schema-faq-question">Peut-on faire un travail corporel à distance ?</strong> <p class="schema-faq-answer">Les exercices centrés sur le mouvement ou l&rsquo;espace s&rsquo;adaptent plutôt qu&rsquo;ils ne disparaissent, en s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;espace et les objets propres au patient, comme l&rsquo;illustre l&rsquo;ancrage corporel guidé à voix haute. La sensorialité change de nature sans être annulée, même si certains repères (l&rsquo;odorat, le toucher) restent hors de portée de l&rsquo;écran.</p> </div> </div>



<div class="schema-faq wp-block-yoast-faq-block"><div class="schema-faq-section" id="faq-question-1787741691407"><strong class="schema-faq-question">Qu&rsquo;est-ce que la visio change à l&rsquo;alliance thérapeutique ?</strong> <p class="schema-faq-answer">Une étude récente menée sur près de 2000 séances montre qu&rsquo;elle ne l&#8217;empêche pas de se construire, avec des niveaux d&rsquo;alliance comparables au présentiel. C&rsquo;est le téléphone, pas la visio, qui montre une alliance légèrement plus faible. Le thérapeute doit malgré tout davantage expliciter verbalement ce qui passait auparavant par le non-verbal, et rester vigilant à ne pas confondre un sentiment de compréhension mutuelle avec une compréhension réellement vérifiée, ce que certains cliniciens appellent une « illusion numérique ».</p> </div> </div>



<div class="schema-faq wp-block-yoast-faq-block"><div class="schema-faq-section" id="faq-question-1787741765864"><strong class="schema-faq-question">Comment se déroule une séance de groupe en visio ?</strong> <p class="schema-faq-answer">Les mécanismes de base d&rsquo;un groupe thérapeutique (régulation du climat par l&rsquo;animateur, dynamique de miroir entre participants) restent praticables à l&rsquo;écran, mais la cohésion s&rsquo;y construit différemment plutôt qu&rsquo;elle n&rsquo;y est amoindrie. L&rsquo;animateur doit être plus explicitement intentionnel, et certains outils, comme la possibilité de couper sa caméra, peuvent devenir des ressources cliniques à part entière plutôt que de simples pertes.</p> </div> </div>



<div class="schema-faq wp-block-yoast-faq-block"><div class="schema-faq-section" id="faq-question-1787741863677"><strong class="schema-faq-question">Quelles garanties de confidentialité pour une téléconsultation ?</strong> <p class="schema-faq-answer">Le cadre déontologique français impose des exigences de sécurisation des échanges et de secret professionnel, comparables à celles d&rsquo;une séance en cabinet, précisées notamment par la Haute Autorité de Santé.</p> </div> </div>
<p>L’article <a href="https://www.psy-gestalt-95.fr/therapie-en-visio/">La thérapie en visio, ce que la distance change vraiment</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.psy-gestalt-95.fr">David Voulga</a>.</p>
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