La thérapie en visio, ce que la distance change vraiment

Femme travaillant à distance sur son ordinateur portable, illustration du thème de la thérapie en visio.

C’est durant la crise du Covid-19 que la visioconsultation s’est imposée dans le quotidien des cabinets de psychothérapie. Née dans l’urgence sanitaire, elle ne l’a plus quittée depuis. Elle n’est plus une exception, mais une modalité à part entière, utilisée aussi bien pour des suivis individuels que pour des groupes thérapeutiques. Reste une question que cette banalisation ne doit pas éviter. Qu’est-ce que la distance change réellement au travail thérapeutique, à la présence du corps, à ce qui se joue dans le regard, à la qualité du lien qui se construit entre un thérapeute et une personne, ou au sein d’un groupe ?

Un basculement accéléré par la crise sanitaire

La généralisation de la téléconsultation doit beaucoup à une contrainte plutôt qu’à un choix, les confinements de 2020. Dans certaines régions, comme l’Occitanie, plus de 420 000 consultations ont été réalisées à distance en avril de cette année-là, contre à peine 3 300 en janvier. Ce basculement s’est opéré en quelques semaines, sans équivalent dans l’histoire récente de la pratique médicale [1].

Ce qui frappe, cinq ans plus tard, c’est que l’usage ne s’est pas éteint avec la fin des confinements. En 2021, 85,6 % des psychologues déclaraient pratiquer la thérapie en ligne, contre 37,9 % en 2017, et l’écrasante majorité d’entre eux combine aujourd’hui séances en cabinet et séances à distance plutôt que de choisir l’un ou l’autre [2]. La visio n’a donc pas été une parenthèse sanitaire. Elle est devenue un format thérapeutique à part entière, avec ses propres usages, ses avantages et ses questions non résolues.

Qu’est-ce que l’écran change à la présence du thérapeute et au travail corporel, central dans certaines approches ? Et qu’est-ce qu’il change à l’alliance thérapeutique, ce lien de confiance dont on sait, toutes approches confondues, qu’il est l’un des facteurs les plus déterminants de l’efficacité d’une thérapie ?

Thérapie en visio, de quoi s’agit-il ?

La thérapie en visio désigne un échange en face à face à distance, thérapeute et patient connectés en direct, chacun depuis un ordinateur, dans des conditions techniques adaptées à un usage professionnel. Cela suppose une connexion suffisamment stable, une image et un son de qualité correcte, un environnement calme et confidentiel de part et d’autre. Ce périmètre exclut les échanges par messagerie, les appels téléphoniques simples, ou les visioconsultations menées dans de mauvaises conditions techniques (connexion instable, smartphone tenu à la main, outils grand public non pensés pour un usage clinique), qui posent des problèmes différents et débordent le cadre de cet article.

Ce cadre minimal n’est pas qu’une question de confort. C’est une condition du travail thérapeutique lui-même. Une image qui saccade, un son qui coupe, une caméra mal positionnée introduisent des artefacts qui viennent parasiter précisément ce qu’on cherche à observer, une expression, un silence, un mouvement. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé sur les conditions de réalisation d’une téléconsultation, ainsi que les codes de déontologie des psychologues, posent des exigences minimales à cet égard. Elles portent notamment sur la confidentialité de l’échange, la sécurisation de la plateforme utilisée et un cadre contractuel clair dès la première séance [3].

Ce que dit la recherche sur l’efficacité de la visio

Deux méta-analyses récentes, portant sur des dizaines d’essais randomisés, permettent de sortir du slogan « c’est aussi efficace » pour regarder d’un peu plus près ce que disent réellement les chiffres.

La première, publiée en 2025 et portant sur 29 essais contrôlés randomisés couvrant le stress post-traumatique, la dépression et l’anxiété, ne trouve aucune différence significative entre visio et présentiel pour le stress post-traumatique, mais observe un léger avantage du présentiel sur la dépression [4]. La seconde, publiée en 2022 et centrée spécifiquement sur la dépression, arrive à une conclusion différente. Elle ne relève aucune différence significative d’efficacité ni d’abandon de traitement entre les deux formats [5].

Cette légère divergence, qui porte spécifiquement sur la dépression et non sur le stress post-traumatique où les deux méta-analyses convergent, mérite d’être signalée sans être surinterprétée. Les résultats varient selon le trouble traité, le type de thérapie pratiquée et la méthode de la méta-analyse elle-même. Sur l’ensemble, les deux méta-analyses convergent vers une efficacité globalement comparable entre visio et présentiel, avec cette seule nuance sur la dépression. Dire que « la visio est aussi efficace que le présentiel » reste néanmoins une simplification.

Et du côté de l’alliance thérapeutique ?

La question de l’alliance thérapeutique selon la modalité a justement fait l’objet d’une étude récente, menée auprès de 1175 patients sur près de 2000 séances de psychothérapie individuelle, comparant présentiel, visio et téléphone [6]. Ses résultats sont plutôt rassurants pour la visio. Les patients ne rapportent aucune différence significative d’alliance thérapeutique, de qualité de la relation ni d’occurrence de ruptures relationnelles entre les séances en présentiel et en visio. C’est le téléphone, et non la visio, qui se distingue par une alliance légèrement mais significativement plus faible sur ses trois composantes habituelles, l’accord sur les objectifs, l’accord sur les tâches et le lien affectif avec le thérapeute. Cette étude conforte l’idée que l’image, davantage que la simple distance, joue un rôle dans la qualité du lien thérapeutique.

Le corps, la présence et l’alliance thérapeutique à l’épreuve de l’écran

La présence incarnée à distance

Un certain nombre d’approches thérapeutiques, la Gestalt-thérapie au premier chef, accordent une place centrale à ce qui se passe dans l’instant, entre deux personnes physiquement présentes l’une à l’autre. Cela recouvre la qualité du contact, les mouvements du corps, la manière dont le regard se pose ou se dérobe, ce que le champ partagé entre thérapeute et patient permet de faire émerger. La Gestalt-thérapeute Anne Carpentier, qui a tenu un carnet clinique pendant le premier confinement, propose une notion utile pour penser ce qui se joue à l’écran, celle de présence incarnée à distance. Elle décrit un patient qui se dit flottant, désincarné, au téléphone, et lui propose un exercice d’ancrage corporel qu’elle réalise elle-même en même temps que lui, en le nommant à voix haute. « Je le fais en même temps que vous », dit-elle, avant de sentir elle aussi ses pieds sur le sol. Le patient répond. « Ça m’aide de savoir que vous le faites en même temps. Ça m’aide à sentir mon corps » [7]. La présence incarnée ne disparaît donc pas en visio, mais elle cesse d’aller de soi. Elle doit être explicitée, voire mise en scène, alors qu’elle se donnait spontanément en présentiel.

L’illusion numérique, un risque pour l’alliance

Reste un risque spécifique à nommer, qui touche directement à l’alliance thérapeutique. C’est ce que la psychologue et psychanalyste François Tordo appelle l’illusion numérique, cette impression trompeuse d’un plein-contact, l’idée que le thérapeute a tout compris du client, ou l’inverse, alors que l’écran masque une grande partie des micro-mouvements à partir desquels ce sentiment de compréhension mutuelle s’ajuste habituellement [7]. Autrement dit, l’alliance peut sembler solide en visio tout en reposant sur une compréhension plus approximative qu’elle n’en a l’air, un point de vigilance clinique plus qu’une fatalité, mais un point réel.

Ce que la distance ne fait pas que perdre

Cette question de la présence incarnée n’est d’ailleurs pas propre à la Gestalt. Elle traverse toutes les approches qui font du corps et de la présence du thérapeute un levier de changement. C’est le cas de la Psychothérapie Gestaltiste des Relations d’Objet (PGRO), développée par Gilles Delisle au Centre d’Intégration Gestaltiste de Montréal, qui pose la relation thérapeutique elle-même, et la présence incarnée du thérapeute, comme le principal levier de changement [8]. Une telle théorisation invite, presque naturellement, à se demander ce que la distance change à ce levier. La présence se réduit-elle à ce qu’elle transporte à travers un écran, ou peut-elle s’y déployer autrement ?

Il serait trop simple de répondre que « quelque chose se perd forcément ». La visio introduit aussi des éléments qui ne sont pas que des pertes. Le patient reçoit le thérapeute, et se laisse recevoir par lui, depuis son propre espace, son « chez-soi », qui devient à sa manière partie prenante du travail. Le rapport au regard change également. Certaines personnes, plus en difficulté avec la proximité physique d’un cabinet, trouvent dans l’écran une distance qui facilite la parole plutôt qu’elle ne l’entrave, un point que la partie sur le travail de groupe illustrera concrètement plus loin. La question n’est donc pas seulement « qu’est-ce qui se perd », mais aussi « qu’est-ce qui se déplace, et pour qui cela peut-il être un appui plutôt qu’un obstacle ».

Ce qui ressort de ces exemples cliniques, c’est que la visio semble demander un travail d’adaptation explicite de la part du thérapeute. Elle ne s’improvise pas comme un simple transport du cabinet vers l’écran.

Le travail individuel en visio

Concrètement, une séance individuelle en visio conserve l’essentiel de ce qui fait une séance de thérapie. Un temps dédié, une écoute continue, une attention portée à la parole, à la voix, aux expressions du visage, largement observables à l’écran, contrairement à une idée reçue.

Ce qui demande un ajustement, en revanche, ce sont les dimensions plus expérientielles du travail. Les exercices qui mobilisent le mouvement, l’espace du cabinet, ou des objets (la « chaise vide » en Gestalt-thérapie en est l’exemple le plus connu) en sont l’illustration. L’exemple de l’ancrage corporel cité plus haut, le thérapeute qui sent ses propres pieds sur le sol en même temps que le patient et qui le dit, illustre bien ce type d’adaptation. L’exercice change de forme, mais la fonction qu’il remplit reste intacte.

Le dévoilement de soi, un outil clinique à distance

La distance ouvre aussi, parfois, des possibilités qui n’existent pas de la même manière en cabinet. Carpentier décrit un usage clinique du dévoilement de soi, qu’elle distingue en deux mouvements. Le partage spontané, d’une part, quand le thérapeute partage une émotion qui lui vient dans l’instant (elle raconte avoir dit à une patiente en pleurs, au téléphone, alors que celle-ci revit la douleur d’un abus subi dans l’enfance, « j’ai aussi les larmes aux yeux », pour ne pas laisser l’émotion sans écho faute d’être vue). Le dévoilement contrôlé, d’autre part, un partage plus ciblé d’un élément de la vie du thérapeute, toujours au service du processus du patient [7]. Rien de tout cela n’est propre à la visio, mais l’absence d’image, ou sa réduction à un cadre étroit, semble parfois désinhiber la parole plutôt que la freiner, un phénomène qu’on retrouvera, de façon encore plus nette, dans le travail de groupe.

Le travail individuel en visio n’est donc pas un travail au rabais. Certains outils changent de forme, et certains effets restent difficiles à anticiper, aussi bien pour le patient que pour le thérapeute qui découvrent ce format ensemble.

Le travail de groupe en visio

Dans un groupe thérapeutique, l’animateur régule un climat émotionnel collectif. Le groupe lui-même fonctionne souvent comme un miroir pour chaque participant, à travers les retours, positifs comme négatifs, échangés entre les membres. Un cadre bien connu, issu de la PGRO, décrit ce processus comme un cycle de reproduction (les schémas relationnels de chacun se rejouent dans le groupe), de reconnaissance (le groupe et l’animateur permettent d’en prendre conscience) et de réparation (une nouvelle expérience relationnelle vient corriger l’ancienne) [9].

Une cohésion qui se construit autrement

Une thèse de doctorat récente, menée auprès de huit thérapeutes de groupe expérimentés, apporte ici un résultat central, qui résume bien la position la plus juste à tenir. « La cohésion de groupe en visio n’est pas diminuée, elle est constituée autrement » [10]. Les animateurs interrogés décrivent une cohésion qui ne se donne plus spontanément par la coprésence physique, « ça ne se met pas en place tout seul », dit l’un d’eux, et qui exige d’eux une attention et une intentionnalité plus soutenues. Cela passe par inviter verbalement les membres silencieux, nommer les changements d’énergie du groupe, ralentir le rythme des échanges. Le cadre numérique lui-même (salle d’attente, horaires fixes, lien de connexion stable) en vient à jouer, pour ces animateurs, le rôle contenant que joue implicitement la salle physique en présentiel. Un résultat plus inattendu de cette étude concerne les formats hybrides, où certains participants sont en salle et d’autres en visio. Ils sont décrits comme plus difficiles à tenir que le tout-distanciel, l’inégalité de condition entre participants compliquant la cohésion plus que la distance elle-même. Le prix de cette vigilance accrue, notent aussi les animateurs, se paie en fatigue. Plusieurs décrivent une charge de travail émotionnel et attentionnel plus lourde qu’en présentiel, largement invisible pour le groupe lui-même [10].

Un cas clinique, la caméra coupée comme ressource

Un cas clinique illustre concrètement cette vigilance accrue, documenté par une animatrice de groupe qui a basculé son groupe mensuel en visio au printemps 2020. Face à une participante qui peine à formuler une honte profonde, elle lui propose de couper sa caméra, tout en continuant elle-même à voir les autres membres. Libérée du regard du groupe, la voix de la participante change de tonalité, s’approfondit, et le dévoilement va nettement plus loin qu’il n’aurait pu aller autrement [11]. L’absence de regard croisé, souvent présentée comme la principale faiblesse de la visio, devient ici une ressource clinique utilisée délibérément. « Et si la protection de l’écran facilitait sa parole ? », se demande l’animatrice, formulant prudemment une hypothèse plutôt qu’une règle générale. Elle nuance elle-même l’observation. « La séquence à distance a été révélatrice de ce qui était déjà là. Puis le travail en présence a été transformateur. Généraliser cette observation serait trop rapide » [11].

Les limites à anticiper

Certains ajustements restent malgré tout nécessaires. Le silence, qui a une fonction thérapeutique importante dans un groupe en présentiel, se vit différemment à l’écran, où il peut être perçu comme un problème technique plutôt que comme un temps utile à l’élaboration. La fatigue attentionnelle liée aux écrans peut limiter la durée d’attention soutenue possible dans une séance de groupe. Et la confidentialité du domicile de chaque participant, moins contrôlable que celle d’un cabinet, mérite d’être posée clairement dès le démarrage du groupe.

Ces limites ne disqualifient pas le format. Elles demandent simplement d’être nommées et travaillées, plutôt qu’ignorées au nom d’un optimisme de façade, ou interprétées comme la preuve que le format ne fonctionne pas.

Un cadre déontologique qui structure la pratique

En France, la pratique de la téléconsultation en santé mentale s’inscrit dans un cadre déontologique précis. Secret professionnel, sécurisation des échanges, conditions matérielles minimales pour la réalisation de la séance sont autant d’exigences rappelées par la Haute Autorité de Santé et par les codes de déontologie applicables aux psychologues et psychothérapeutes [3]. Ce cadre ne garantit pas, à lui seul, la qualité clinique d’une séance, mais il en constitue le socle de sécurité, au même titre que le cadre d’un cabinet en présentiel.

Pour qui la visio est-elle adaptée ?

Au terme de ce parcours, une chose apparaît clairement. La visio n’est ni une solution universelle, ni un pis-aller à éviter par principe. Elle convient particulièrement bien à certaines situations, contraintes géographiques, mobilité réduite, suivi d’un travail déjà engagé en présentiel, préférence personnelle pour la distance qu’elle introduit. Elle demande, dans d’autres cas, une vigilance plus grande, notamment lorsque le travail corporel occupe une place centrale, ou lors des premières séances d’un travail de groupe, où la construction de la confiance collective bénéficie souvent d’un ancrage en présentiel.

Plutôt que de vous demander si la visio vaut le présentiel, demandez-vous plutôt ce qui, dans votre situation, dans votre histoire, dans le travail que vous cherchez à faire, trouve dans ce format un appui ou, au contraire, une limite.

En résumé

La recherche converge vers un constat mesuré, plutôt que vers un verdict tranché. L’efficacité de la visio rejoint celle du présentiel pour une grande partie des troubles. L’alliance thérapeutique, de son côté, ne montre pas non plus de différence significative selon une étude récente, un résultat encourageant qu’il reste à confirmer par d’autres travaux, et qui n’enlève rien à la vigilance que la visio exige du thérapeute, pour rester attentif à ce que l’écran peut aussi masquer. Le travail corporel et le travail de groupe demandent, eux, une adaptation plus explicite, sans que cela remette en cause la pertinence du format.

Notes et sources

[1] Insee Analyses Occitanie n°136, « Années Covid : baisse de l’espérance de vie, dégradation de la santé mentale et téléconsultations en hausse ».

[2] Observatoire de la psychologie en ligne 2021, Psychologue.net.

[3] HAS, Recommandations sur les lieux et conditions d’environnement pour la réalisation d’une téléconsultation ou d’un télésoin (2024) ; Code de déontologie des psychologues (2021).

[4] Kelber, M. S., Smolenski, D. J., Boyd, C. et al. (2025). Evidence-based telehealth interventions for posttraumatic stress disorder, depression, and anxiety: A systematic review and meta-analysis. Journal of Telemedicine and Telecare.

[5] Giovanetti, A. K., Punt, S. E. W., Nelson, E.-L., Ilardi, S. S. (2022). Teletherapy Versus In-Person Psychotherapy for Depression: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Telemedicine and e-Health.

[6] Stefana, A., Fazia, T., Nova, A. (2026). The therapeutic relationship in in-person, video call, and telephone psychotherapy sessions. British Journal of Clinical Psychology, 00, 1-23.

[7] Carpentier, A. (2021). La sensorialité du contact à l’épreuve de la distance. Fragments pensés par temps contraint. Gestalt, 2021/1 (n°56), p. 11-28.

[8] Delisle, G. et Girard, L., Le G en PGRO, Centre d’Intégration Gestaltiste.

[9] Mallette, C. (2014). Travail de groupe en PGRO. Centre d’Intégration Gestaltiste.

[10] Woodford, J. M. (2026). The Lived Experiences of Facilitators Navigating Group Cohesion in Online Interpersonal Psychotherapy Groups. Thèse de doctorat, Walden University. (pas de lien, thèse non publiée en ligne)

[11] Beauviala, M. (2021). Se soustraire aux regards pour mieux se dire. Un cas de thérapie de groupe en visioconférence. Gestalt, 2021/1 (n°56), p. 69-83.

Questions fréquentes

La thérapie en visio est-elle aussi efficace qu’en cabinet ?

Les deux méta-analyses les plus récentes montrent une légère divergence sur la dépression. L’une trouve un léger avantage au présentiel, l’autre aucune différence. Pour le stress post-traumatique, en revanche, les résultats convergent vers une absence de différence significative. Ce n’est donc pas un verdict universel, mais un constat qui se précise avec les études, trouble par trouble.

Peut-on faire un travail corporel à distance ?

Les exercices centrés sur le mouvement ou l’espace s’adaptent plutôt qu’ils ne disparaissent, en s’appuyant sur l’espace et les objets propres au patient, comme l’illustre l’ancrage corporel guidé à voix haute. La sensorialité change de nature sans être annulée, même si certains repères (l’odorat, le toucher) restent hors de portée de l’écran.

Qu’est-ce que la visio change à l’alliance thérapeutique ?

Une étude récente menée sur près de 2000 séances montre qu’elle ne l’empêche pas de se construire, avec des niveaux d’alliance comparables au présentiel. C’est le téléphone, pas la visio, qui montre une alliance légèrement plus faible. Le thérapeute doit malgré tout davantage expliciter verbalement ce qui passait auparavant par le non-verbal, et rester vigilant à ne pas confondre un sentiment de compréhension mutuelle avec une compréhension réellement vérifiée, ce que certains cliniciens appellent une « illusion numérique ».

Comment se déroule une séance de groupe en visio ?

Les mécanismes de base d’un groupe thérapeutique (régulation du climat par l’animateur, dynamique de miroir entre participants) restent praticables à l’écran, mais la cohésion s’y construit différemment plutôt qu’elle n’y est amoindrie. L’animateur doit être plus explicitement intentionnel, et certains outils, comme la possibilité de couper sa caméra, peuvent devenir des ressources cliniques à part entière plutôt que de simples pertes.

Quelles garanties de confidentialité pour une téléconsultation ?

Le cadre déontologique français impose des exigences de sécurisation des échanges et de secret professionnel, comparables à celles d’une séance en cabinet, précisées notamment par la Haute Autorité de Santé.

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